Dimanche 20 Octobre 2013. Marathon de Vannes. Bretagne.

Nov 2, 13 | by Benoit Mahé

La flamme rouge du dernier kilomètre, tel un mirage en plein désert, ne cesse de sembler s’éloigner. Sur mon flanc gauche, j’entends les commentaires du speaker du stade de Kercado féliciter les coureurs déjà arrivés en 3h25, puis… 3h26. Je me retourne et vois le lièvre du 3’30 à peu près 100 mètres derrière. Et là, je prends un coup au moral ! Je me rends compte que non seulement je n’améliorerai pas le temps de mon 1er marathon (voir Séville en 3h27 le 24 février 2013), mais qu’en plus je ne serai plus sous les 3h30. J’accélère dans un dernier effort puisant dans mes réserves pour arriver devant le lièvre.

Passée l’émotion de l’arrivée, et alors que les amis et la famille me félicitent, alors que les jours suivants les camardes de Club m’entourent de leur mail d’appui, alors que des collègues ironisent sur mes sensations mitigées (« qu’est ce que c’est 3 minutes? 3h30, c’est déjà génial !!!), quelques questions s’imposent :

–        Puis-je réellement cataloguer cette course comme « une déception » sous prétexte de n’avoir pas atteint mon chrono objectif pour 3 minutes?

–        Puis-je au contraire considérer ce moment comme une fête unique et fantastique du sport, de la famille, de la culture bretonne… toutes des valeurs assez importantes à mes yeux en fait!

–        Quand on a du temps devant soi, peut-on appréhender toute performance, bonne ou moins bonne, comme un indicateur sur un chemin de progrès ?

Je réponds à ces questions dans les lignes qui suivent en 3 temps :

I)       Les questions d’avant-course.

II)     La course kilomètre par kilomètre.

III)    Enseignements et envoi

I)                 Les questions d’avant course

Voici donc quelques interrogations des semaines et des heures d’avant course. 

1)      Courir à domicile. Quelle sensation unique cela doit être de courir sur ces terres?  Une phrase m’a accompagné depuis que je me suis éloigné de la Bretagne il y a 25 ans pour de lointaines contrées ; Une chanson de Gloria Estefan sur laquelle nous dansons souvent avec ma femme, Mi Tierra, Ma Terre: “La tierra donde naciste no la puedes olvidar. Porque tiene tus raíces y lo que dejas atrás. » / La terre où tu es né, tu ne peux pas l’oublier. Parce qu’elle possède tes racines y ce que tu y as laissé. En effet depuis 1 an, je cours et m’entraine régulièrement en club. Quelle drôle de sensation cela représenterait de courir à domicile? Quelle étrange alchimie fait que sur ses terres, on gagne plus ?  En football, 48% des équipes à domicile gagnent alors que seulement 27% à l’extérieur. (statistiques des grands championnats européens 2012) Quel est donc ce mystérieux processus qui augmente la performance en jouant devant les siens, sur ses terres ?

2)      Lorsqu’une première étape, un premier jalon (un 1er marathon) a été posé, comment capitaliser et construire sur cette base? Lorsqu’on « est »  déjà marathonien, quelle motivation pour la 2ème épreuve ?

3)      Dans mon travail de coach, l’une des valeurs cardinales consiste à se centrer sur qui se trouve entre nos mains et ne pas se lamenter sur l’environnement (sur lequel, par définition, on n’a pas prise): la météo, la crise, etc… Précisément les jours précédents ce marathon, les prévisions météorologiques s’annoncent difficiles : pluie, orage et vent.  Comment gérer l’impondérable?

4)      Puis-je me préparer seul ? Pour Séville nous étions 13 coureurs du club Miacum. Là j’ai travaillé seul. J’ai commencé (en trainant un peu les pieds) début août, et au début de l’année scolaire, j’étais déjà en plein rythme quand les copains commençaient à reprendre leurs marques. J’ai souligné combien l’entrainement en équipe était important. Là, je passe donc l’été à commencer mon entrainement… seul. L’entrainement seul et hors saison ne stimule pas autant la préparation qu’un entrainement de club, entre copains. La dose d’efforts et de sacrifices n’est peut-être pas la même. Les longues plages du yorkshire dans le nord de l’Angleterre, les parcs nocturnes d’Amsterdam, les voies vertes autour de Paris, la piste d’athlétisme de Las Rozas. Je me sentirais de pus en plus fort dans mes entrainements, mais avec les regards des copains coureurs, plus que leurs foulées à mes côtés.

5)      Au retrait des dossards la veille de la course le samedi après midi, un des organisateurs, Hervé Jan, ami de la famille, nous dit qu’« on ne vient pas à Vannes pour battre des records ! C’est un terrain mi bitume-mi chemin de terre, avec beaucoup de relances. »  Cette remarque, déjà écoutée par ailleurs, n’est pas du genre à me démotiver, mais tout de même à aller consulter les statistiques : le record de l’épreuve est à 2h35, loin des records des marathons les plus connus entre 2h10 et 2h05. C’est vrai qu’il n’y a pas de kenyans, mais c’est tout de même un indice. Mon objectif se situe entre 3h20 et 3h27… malgré tout.

II) La course Kilomètre à Kilomètre

Je me réveille le dimanche matin heureux d’avoir dormi d’une traite de 23h à 6h30. Hier soir, nous avons partagé en famille la traditionnelle veillée aux armes autour d’un plat de pâtes avec aussi Olivier, copain d’enfance avec qui nous avons préparé le marathon en parallèle.

A 9 heures ce matin, mon père nous conduit sur la ligne de départ, 1 heure avant, avec ma sœur Anne, mon beau-frère Pierre et mes cousines Madeleine et Hélène, qui eux font le 10km à 9h30.

Km 0 : Je m’échauffe doucement. Je cherche Olivier, que je ne trouve pas dans la foule. J’ai oublié ma boisson isotonic. Je cherche un point d’eau et parcours quelques rues du vieux Vannes, sans succès. Incroyable qu’aucun bar ne profite de l’affluence pour ouvrir ses portes un dimanche matin! Encore de l’eau au moulin des horaires du commerce! Il est possible que cet événement de rechercher un point d’eau me sorte quelque peu de ma concentration / préparation mentale.

Le speaker indique une météo clémente sur le parcours, avec « juste un peu de vent ». La suite prouvera que ce speaker avait soit un sens de l’humour insoupçonné, soit une information erronée, alors que tout les sites internet indiquaient orages et pluie pour ce matin-là.

Km1 : C’est parti ! Après 500m, ma montre m’indique 4’45/km et 20 secondes plus tard, 4’20. J’ai du mal à stabiliser mon allure. Je me suis positionné derrière le lièvre (meneur) de la flamme 3h15. Lui-même part très vite. Tous les connaisseurs recommandent de partir légèrement plus lent que la vitesse moyenne envisagée.

Km2 : nous avons le vent de face ; vent de sud ouest à 35-40km/h. Donc nous aurons un vent de face, la moitié du parcours. Je recherche les grands pour m’abriter derrière ; certains n’apprécient pas et se déportent lorsqu’ils s’en rendent compte.

Km3 : Mon cerveau m’ordonne de ralentir et je n’y arrive pas.

Km4 : 1er passage à Arcal. Village de mon oncle André, devenu le point de référence de la fête et l’animation du marathon depuis longtemps. Je constate vite que sa réputation n’est pas usurpée. 100 mètres avant d’y arriver, un panneau sur le bord de la route « Avec toi, Benoit ! », style tour de France. Sympas ! Les cris et les encouragements font du bien. L’allure permet de juste distinguer furtivement certaines personnes et de donner une tape dans la main… et de ramasser une bonne dose d’énergie. Cette photo est extraite du journal local Le Télégramme du lendemain matin. On y voit Dédé, mon oncle, et dans le fond mes parents et ma nièce.

Km5 : Je passe au km 5 en une moyenne de 4’35 au lieu de 4’40/4’50. J’ai par exemple parcouru le km3 en 4’19. Beaucoup trop rapide! Erreur d’immaturité, alors que j’ai déjà à mon actif 1 marathon, 4 semi-marathons, 6 « 10km ». Je la paierai cher.

Km6 : je trouve finalement mon rythme de croisière. Nous avons maintenant le vent de côté. Je sens un inconfort sous la plante du pied comme si une couture de la chaussette me dérangeait. Pourtant mes chaussettes sont neuves et n’ont précisément pas de coutures.

Km7 : le cadre est véritablement somptueux. La mer est haute et descendante. C’est un privilège de pouvoir courir ici.

Km10 : 2ème ravitaillement. C’est très bien organisé. Un ravitaillement tous les 5 km, avec du solide et du liquide. Je prendrai à chaque passage du « KOZ », boisson légèrement fruitée et parfois des bananes. Nous longeons le port côté est.

Km11 : vraiment sympas l’appui du public. Comme en plus l’organisation a eu la grande idée d’écrire le prénom des coureurs sur les dossards, beaucoup  de supporteurs, notamment les enfants qui peuvent lire le prénom à la hauteur de leurs yeux, scandent « Allez Benoit » (alors qu’en Espagne mon prénom est imprononçable).

Km13 : Très belle ambiance. Beaucoup d’animations musicales souvent avec ces accordéons diatoniques, aux sonorités joyeuses et entrainantes tellement propres de la Bretagne.  Au moins à Vannes, on revendique sa culture alors qu’à Séville, berceau du flamenco et de la guitare andalouse, nous avions des groupes de rock en anglais.

Km19 : montée de Bernus. Principale montée du parcours. Je raccourcis la foulée.

Km21 : je passe le semi en 1h39, à une moyenne 4’43km/min; exactement conforme à mes plans. Si je fais aussi bien la 2ème partie, je ferais un chrono de 3’18.

Km22 : Je repasse sur le port Place Gambetta direction côté est. Je sens que ça tire. J’ai du mal à trouver un second souffle.

Km23 : Rond point de la Chambre de Commerce. La pluie éclate. Violente. Soudaine. La chaussée se transforme subitement en piscine. En praticien de PNL, je décide de prendre l’arrivée de cette pluie, même diluvienne, comme un événement positif. J’ai grandi à Vannes et j’aime la pluie. Enfant, je jouais au foot le samedi après midi sur des terrains parfois détrempés. Je précise à mes amis lecteurs non spécialistes de la Bretagne qu’il fait parfois (souvent !) très beau, et qu’il ne pleut jamais une journée complète.

Km24 : 2ème passage à Arcal. Le groupe de coureurs est moins compact et je peux donc mieux partager avec mon fan club et en profiter. Maryvonne m’aperçoit la première : « C’est Benoit! ». Je distingue des oncles, des copains des oncles. Mes parents m’encouragent. Anne et Pierre sont là aussi de retour de leur 10km. Je crois qu’indépendamment du résultat d’aujourd’hui cette bouffée d’énergie restera un talisman pour les prochaines années !

Km26 : Tiens, ma montre indique 5’02.  Je tente de repasser sous les 5’.

Km 27 : Aïe ! je suis à 5’30. L’énergie et la force me manquent pour en remettre un coup. Je suis dans le dur avec toujours ce vent de face.

Km28 : les chemins côtiers si agréables au 1er tour sur lesquels les coureurs avaient juste à éviter quelques flaques des pluies de la veille sont devenus des pataugeoires. Les coureurs n’ont d’autres options que d’enfoncer le pied complet dans l’eau. Le terrain de sable tamisé se transforme en une boue plus collante. Je décide de jeter ma casquette pour m’alléger les mains et la tête.

Km29 : c’est curieux ; Je passe les bornes kilométriques 300 mètres après que ma montre ne m’indique le passage. Est-ce un souci de mon GPS ou du circuit ?

Km30. J’arrive à Larmor Gwened.  J’en ai marre! L’idée d’abandonner traverse mon esprit; Je l’évacue rapidement. Je la remplace par l’idée de m’arrêter au ravitaillement quelques instants ; j’évacue également ; Je sais par expérience que j’ai toujours du mal à repartir. Ces prochains mètres sont franchement difficiles. Je ne le cache pas et l’expression de mon visage à ce moment-là doit être éloquente pour les rares courageux toujours présents pour encourager sur le bord de la route.

Km31 :   je tente de me remobiliser en me concentrant sur la technique; le mouvement des bras, la foulée, la levée des genoux, le port haut du bassin… Ça marche ; je retrouve un peu mes sensations de coureur.
Km32 : dernier passage place Gambetta, nous nous engageons sur la rive ouest du port. Les spectateurs sont moins nombreux; éparpillés par la pluie. Je puise dans mes réserves mais mes sensations reviennent. Je suis conscient des 7 ou 8 km à 5min30/km, voire même 6min/km, mais la moyenne avec la 1ère partie est encore acceptable. Le chrono final dépend maintenant de pouvoir repasser sous la barre des 5min/km. La pluie est toujours intense et le vent de face pour les 5 prochains kilomètres.

Km 33 : j’entends au loin sur ma droite un fulgurant « Allez Béno ! ». Je tourne la tête et aperçoit Anne à 100 mètres affublée d’un grand parapluie jaune, courant vers moi  avec Pierre. II se sont garés au hasard sur une rue adjacente et, quelle coïncidence!, me trouvent juste là. Sympas! Ça aide. Surtout que je sens que l’héroïsme est la dernière ressource qu’il me reste pour réussir.

Km35 : moment de vérité. Je dépasse des coureurs ; je me fais dépasser par d’autres, notamment ceux qui courent le Duo (course en relais à 2 coureurs). Certains abdiquent, d’autres vomissent. Il pleut toujours intensément. L’hécatombe commence.

Km37 : j’arrive à Conleau. De nouveau Anne et Pierre et leurs filles sont là. C’est un bon booster. Je ne suis pas encore à 3 heures. Je me dis que ça peut encore le faire mais ma vitesse doit repasser sous les 5 min/km, ce que, malgré mes sensations retrouvées, je ne parviens pas à faire. Je cours en 5min15/approx.

 

Km 38 : passage à la piscine de conleau.

La photo de droite vient du Télégramme et illustre le déluge et les conditions de course dantesques.

 

 

KM39 : j’y crois toujours mais je n’arrive pas à accélérer. Au cardio, je suis OK à 166, mais ce sont les jambes qui ne peuvent aller plus vite.

Km40 : chemin de Bernus ; un coureur marche en zigzagant dangereusement. Nous sommes bien maintenant dans la dramatique dimension du marathon.  Cette confrontation de l’homme (et de la femme) contre lui-même. Cette conversation brutale et sans détour entre l’individu… et ses limites. « Ben, tu lâches rien, hein ! » La phrase de Didier Deschamps, capitaine des bleus, à la mi-temps du France-Brésil du 12 juillet 98 résonne dans ma tête, avec son accent du sud-ouest.

Km 41 : je vois la flamme rouge du dernier kilomètre au bout de la rue après l’IUT. Ma montre m’indique toujours 3’22 et je crois que je peux le faire. Mais cette flamme ne se rapproche pas. De longs moments, tel un mirage, cette flamme rouge semble se défiler. J’entends le lièvre du 3’30 à peu près 100 mètres derrière moi. Pour la première fois de la course, je me retourne et en remet un coup pour arriver devant lui.

 

Km 42 : J’entends le speaker du stade de Kercado féliciter les coureurs déjà arrivés en 3h29. Je prends un coup au moral ! Je me rends compte que non seulement je n’améliorerai pas mon temps de Séville, mais qu’en plus je ne serai plus sous les 3h30.

La ligne franchie, les émotions qui dominent sont la déception et la fatigue. 10 mètres après la ligne, mon père est là, souriant, appuyé à une barrière sous son parapluie; il m’interpelle. Je me rapproche :

–        « Ça a été dur !…. (long silence) Très dur !!! »

Je m’adosse contre la barrière. Il m’observe de son regard bienveillant. J’ai froid et je voudrais vite arriver à la douche.

On me remet la médaille et ça me requinque. « Félicitations » me dit la dame. C’est vrai ; j’ai fini. J’ai quand même fini. Je passe les stands de boisson, j’avale la soupe chaude. Je m’allonge sur un morceau de carton sous un chapiteau.  Je récupère mon sac et cherche les douches. Par chance c’est assez rapide.

Avec papa, on se dirige vers la voiture, lentement… très lentement. On repasse saluer les supporteurs à Arcal qui m’offrent un ponch. Je leur dis merci. On rentre à la maison ;   Maman et Anne m’accueillent et me félicitent. Je monte me reposer. Le repos du guerrier !

III) Enseignements et envoi

  1. C’est vrai que les conditions ont été adverses et si l’on entreprenait de chiffrer l’impact du vent, la pluie et la boue sur mon chrono, on pourrait probablement arriver à récupérer les 3 minutes (voire plus) qui m’ont manquées pour pouvoir dire que « j’ai fait mieux que Séville », voire mieux. C’est vrai que le vainqueur Thierry Foulhoux gagne en 2h37’25’’, loin de son propre record à 2h22. Définitivement ce n’était ni le lieu ni le jour pour des records ! Ce dimanche 20 octobre 2013, la réalité était pluvieuse et boueuse. Mon analyse tactique de la course est que je n’ai pas réussi à tenir le rythme de mon 1er semi, car je me suis coupé les jambes lors des 4 premiers kilomètres. Objectivement personne ne m’a forcé à courir si vite les 4 premiers kilomètres… et hypothéquer de la sorte un peu de mes chances. Je le prends comme une leçon pour un prochain marathon, car après Vannes, il en faudra forcément un autre.
  2. Le dimanche soir, un courrier électronique de mon coach, Chema, rentre sur ma boite mail. Chema est l’entraineur du club Miacum. Il me suit depuis 1 an et incorpore le coaching à son style d’entraineur ; je lui ai recommandé des formations et de la lecture. « Je vois que tu as fini en 3h30’35, en passant le semi en 1h39 comme nous avions prévu. Tu as sans doute eu un souci dans la 2ème partie. Tu es peut-être déçu mais avec le temps tu valoriseras la qualité de ce que tu as réalisé ! » Message extraordinaire car Chema va consulter lui-même le classement disponible sur internet un dimanche soir me communiquant ainsi qu’il était attentif à ma course. Il se fait écho en effet de mes émotions du moment et les mets en perspective. Comme coach il est celui qui connait le mieux mon potentiel et mes limites, mon plan de travail. 36 heures avant, son dernier message me mettait en garde face au risque de vouloir faire trop bien devant les miens… et partir trop vite. Tout était dit… et pourtant. Un autre message rentre le lundi matin : un client suisse me félicite. Merci Alexandre. C’est intéressant car la disponibilité des résultats sur internet renforce le poids du résultat, indépendamment des conditions. De même qu’un manager américain observe les résultats de sa filiale européenne sur son tableau de bord, sans prendre en compte nécessairement le pouvoir d’achat ou l’évolution du PIB. Et c’est bien ainsi : l’objectivité du résultat. A chacun de trouver sa façon de résussir !
  3. Ce marathon pluvieux, s’il n’avait compté avec ce public enthousiaste, avec cette énorme fête d’Arcal, avec la famille, avec mon fan club d’un jour… aurait très bien pu virer au cauchemar ou à une sévère contre performance : peut-être un temps au-delà des 4 heures en m’écroulant sur les derniers kilomètres, un abandon, etc… Tel que je me sentais au km30, finir est déjà une victoire. Et, allez, dans un temps honorable… j’en suis fier. Je courais à domicile et c’était extraordinaire.
  4. Avec Olivier, on s’appellerait par téléphone dans l’après midi, déjà sous la couette, pour commenter nos courses. Il réaliserait un superbe temps de 3h53. C’est le grand intérêt des courses populaires. Il ne s’agit pas de faire mieux ou moins bien que quiconque mais de se fixer un objectif individuel et essayer de faire le mieux possible. Ainsi 4h30 peut constituer un grand résultat et 3h une contre performance. Bravo Olivier pour ce chrono !
  5. Cette course me donne envie de continuer. Je crois que j’avais « un 3h20 dans les jambes ». Mon objectif pour les 2 prochaines années est donc de passer sous les 3h20 au marathon (record 3h27), sous les 1h30 au semi (record 1h31’27‘’), et sous les 40 minutes au 10km (record 40’46).
  6. Merci aux bénévoles. Généreux et impeccables à tous moments.  Je suis toujours impressionné comment des bénévoles donnent de leur temps pour dynamiser leur ville et leur quartier. Je précise que même sous la pluie averse tous, musiciens, préposés au ravitaillement, sécurité…  tous restaient à leur poste, de bonne humeur !
  7. Le cadre du Golfe du Morbihan est vraiment sensationnel et on court sur les chemins côtiers d’une des 25 plus belles baies au monde. J’invite d’ailleurs mon lecteur à venir les découvrir par lui-même, avant de me considérer chauvin.
  8. L’écologie de la course. Et c’est sûrement ma 1ère raison pour courir. Comme beaucoup de mes amis lecteurs, mon quotidien professionnel est ponctué de longues journées ponctuées de déplacements et génératrices tant de grandes satisfactions que de stress et de fatigue. Les 5 jours suivants la course par exemple j’assurerais 3 jours d’animation en formation commerciale, puis 2 conférences dans 2 pays, me réveillant à 2 reprises à 5 heures du matin pour prendre 3 avions et un train. Ce rythme est exigeant tant physiquement que mentalement. L’entrainement qu’a représenté ce marathon sert aussi à rester équilibré dans ce contexte-là, à maintenir la « machine » en état de marche et la tête claire.

Merci Vannes pour ce si beau spectacle !

Merci aux spectateurs !

Merci à ma femme et mes 3 fils de m’avoir permis pendant 3 mois de prendre du temps, des soirées, des dimanches matin… qui leur appartenaient pour sortir courir et m’offrir de vivre des moments aussi forts.

Amis lecteurs, n’hésitez à réagir à ce blog en postant vos commentaires et impressions.

Kenavo

Benoit Mahé

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